B1BC Mushroom soul

Interview de bibi Tanga

mercredi 5 décembre 2007

Bibi Tanga et le professeur Inlassable (producteur) ont sorti en septembre "Yellow Gauze", un album sans aucune règles ni limites, où se mélangent funk, groove, electro, hip hop, jazz, musique africaine et gospel. Nous avons, pour l'occasion, rencontré Bibi Tanga et le professeur Inlassable dans les locaux du label de ce drenier, l'inlassable disque. Retour sur la rencontre des sons, des personnes et des univers.





Qui est bibi tanga ?

Musicien, auteur, interprète, c'est comme ça qu'on dit, je crois! Compositeur aussi. C'est assez long à expliquer, je vais faire un speech rapide. En 2000 j'ai sorti un disque avec la Malka Family qui s'appelle "Le vent qui souffle". Depuis il y a eu un groupe qui s'est formé et qui s'appelle les Gréements de Fortune. Et la rencontre avec Jean, enfin le Professeur Inlassable, parce qu'il ne veut pas révéler son nom. Et on a commencé à jouer ensemble dans son studio et au bout de ça il y a eu tellement de morceaux faits, qu'on a décidé d'en faire un album.

Quelle est l'évolution depuis ton premier album?

Je ne vais pas dire plus de maturité car il y a forcément de ça. J'étais peut-être un peu moins professionnel, même si on l'est de toute façon un peu moins avant. Là, ça touche un peu plus au coeur de toute ma discographie on va dire, de tous mes goûts musicaux. C'est un peu plus large.

Comment s'est passée la rencontre avec le Professeur Inlassable ?

Et bien, c'est un ami en commun en fait qui un jour m'a amené ici (les locaux du label et studio dans le 6ème), et m'a dit "il faut que je te fasse rencontrer quelqu'un". Et je suis arrivé ici un soir, on a fait une jam session ensemble et on s'est plus jamais arrêtés.

C'est comme ça que vous avez fait l'album ?

Oui voilà, comme les jam sessions qu'on faisait ensemble se passaient bien, on a continué sans avoir l'idée de faire un album. Ca a duré comme ça presque deux ans, on se voyait un peu, parfois on se voyait pas pendant un mois. Et c'était plus comme une récréation, et donc de récréations en récréations, finalement on a rendu une copie.

Donc c'était pas, "on fait un album là"...

Non pas du tout, on s'est rendu compte qu'on avait vraiment beaucoup de morceaux et qu'il fallait juste un peu les réarranger.

Cet album est beaucoup plus large que le premier, on a un peu du mal à le résumer en tous cas, il y a de tout, jazz, hip hop, blues, gospel, electro...

Bah ouais, je pense que c'est lié à mon parcours et l'éducation de mes parents. Je pense aussi que c'est pareil pour le Professeur Inlassable. Comme on a écouté beaucoup de choses et qu'on aime beaucoup de choses. A partir du moment où tu improvises, tu aimes improviser sur des trucs un peu plus hip-hop, ou autre. Et lorsque tu fais de la musique sincèrement, on y retrouve toutes tes influences. Après c'est vrai qu'il y a des musiciens qui préfèrent, qui sont exclusivement hip hop ou autre. C'est pas trop ma démarche. J'aime la musique.

Tu chantes en plusieurs langues, en Français, en Anglais, en Sango (sa langue natale). C'est important pour toi de chanter dans ces trois langues?

Carrément, parce que les premiers artistes que j'ai vraiment admirés, c'était des artistes anglophones Bob Marley, James brown, Jimi Hendrix, enfin j'en passe et des meilleurs. Et aussi des artistes Africains. Et je suis en France donc..

Il y a quand même qu'un texte en Français...

Euh (Rires) oui ! Mais comme le premier était un album complètement en Français, je me suis dis que ce serait un peu brutal de ne plus en mettre du tout et puis j'avais vraiment envie de mettre ce morceau, "Au Fil du temps". Mais je pense que c'est beaucoup plus naturel pour moi de chanter en Sango, car quand je suis avec mes soeurs par exemple on parle souvent en Sango.

Il y a des traductions dans le livret ?

C'est une bonne question. Je vais te dire de suite – il prend le disque au dessus d'une grande pile de CD – Et non il n'y a pas de traduction, pas de livret dans le disque.
Je vais te dire rapidement alors, "Ayo" c'est plus un chant mortuaire. "Ayo" c'est un peu le mot qu'on utilise pour témoigner sa compassion à quelqu'un à qui il est arrivé un malheur, comme si on dit "oh le pauvre". Et dans cette chanson là, je cite pas mal de gens de ma famille qui sont décédés, des tantes, des oncles, des grands parents... Mais par exemple ce chant là c'est un peu un chant d'accueil, on fait comme si on était de l'autre côté, on accueille les personnes décédées. C'est un chant qui symbolise ça. C'est comme si on présentait à Dieu cette personne.

Et le dernier morceau ?

Nzapa A bata Mo

Je voulais pas me risquer à le prononcer (rires)

Ca veut dire "que Dieu te garde". Et là c'est pareil, je cite pas mal de gens de ma famille et la par contre je m'adresse directement à eux en leur disant "que Dieu te garde", que tout se passe bien pour eux, qu'ils ne soient pas seuls.

Tu t'inspires de quoi pour tes textes, autre que ce qu'on vient d'aborder. Tu parles un peu de tout, tu prends même des textes d'écrivains.

Oui, par exemple il y a le texte d'Oscar Wilde, il y a aussi des textes de moi. Par contre "Ayo" et "Nzapa A bata mo" c'est le patrimoine, des contes africains. Et il y a aussi le thème sur l'esclavage – "au fil du temps" – qui m'inspire énormément. Quand j'écris c'est vraiment parce que j'ai un truc à dire. Et non pas écrire parce que je dois, sinon je n'y arrive pas.

Tu as un groupe donc, les Gréements de fortune. Le groupe est mis entre parenthèses pour le moment ou pas du tout ?

Non pas du tout, on continue à faire des concerts ensemble, on prépare l'album.

Il va y avoir un album ?

Oui, on le prépare, et y a aussi les anciens membres de Malka, ça va être dans la mouvance Juan Rozoff. L'album est en fin de préparation.

Il est plus funk donc celui-ci ?

C'est vraiment groove pour le coup, funk rock'n'roll. En effet pas comme mon album.

Et pour revenir sur ton album, tu étais le chef d'orchestre ou c'était chacun fait ce qu'il veut ?

Pour la réalisation, en fait on va dire que le point de départ à chaque fois c'est le Professeur. Moi, si ça m'inspirait, je me mettais derrière le micro, après le soir même je mettais une ou deux basses et puis après on ajoutait les autres jours soit un guitariste etc. Donc ça a toujours été comme ça, le professeur, puis moi, etc. Par étape.

C'était donc important de dire que c'est l'album de Bibi tanga ET le Professeur Inlassable.

Bah ouais, c'est deux univers qui se rencontrent.

Le sien assez spécial.

Carrément. Donc oui ce sont ces deux univers qui se rencontrent, donc si on avait laissé que Bibi Tanga, ça n'aurait pas voulu dire grand chose.

Une petite question comme ça, sur les photos tu as une cape, canne et tout, pourquoi ?

Bah ça, c'est avec le professeur, ce côté un peu année 30... C'est important la présentation, c'est aussi un spectacle. On écoute la musique mais on regarde aussi les artistes. C'est vraiment une petite mise en scène.

Comment définirais-tu ton album?

Ouais, c'est toujours le problème...

En effet mais il faut quand même orienter les gens...

C'est un condensé de musiques noires qui épouse des musiques européennes. Un hommage à ça. A toute la culture Black musicale.

Une tournée ?

On a fait un concert à la Cigale.
Et le 6 décembre on fait les Transmusicales à Rennes et très certainement d'autres live radio à venir. Le fou du roi etc.

Un morceau préféré ?

La 12 ("It's the earth that moves") et "au fil du temps". Vu que ce sont des morceaux qui datent, ils ont leur histoire etc, ils ont tous eu leur temps d'amour.



Le Professeur Inlassable entre dans la pièce.
On nous présente et me propose de l'interviewer mais il n'a "pas beaucoup de temps"


Ton univers est assez étrange, à l'écoute de la "leçon numéro 1"... Il y a un peu de tout, de l'electro, jazz, des voix étranges etc. Comment en es-tu arrivé à cet univers ?

Le professeur Inlassable: C'est un univers de mélange dans lequel j'aime bien me mêler, faire rencontrer différents sons, c'est comme faire rencontrer différentes personnes, y en a qui s'harmonisent, et d'autres moins. J'ai un rapport au son comme ça, de rencontre des choses, des voix effectivement, des musiques.

Tu vois donc la musique comme une rencontre ?

Le professeur Inlassable: Oui je suis un peu alchimiste quand même, comme tu vas mélanger des parfums. C'est comme un décor où viennent se greffer des choses.

La "leçon numéro 1" est une leçon de quoi?

Le professeur Inlassable: En fait j'ai pris ce nom, le professeur Inlassable par un objet qu'on ma offert – style année 50-, donc du coup professeur, leçon. C'est plus humoristique. Et Inlassable aussi, car je suis inlassable dans ma démarche sonore. C'est à dire que je peux rester inlassablement dans un son, j'ai pas la notion du temps. Et j'y mélange des choses, des sons, inlassablement!

Un Leçon numéro 2 de prévu ?

Le professeur Inlassable: Oui, c'est en cours, j'aimerais bien la sortir dans 6 mois.

Dans la continuité ?

Le professeur Inlassable: Oui dans la même continuité. Ma démarche c'est d'envoyer des décors répétitifs comme ça. Après tout dépend des gens avec qui je travaille. Comme avec Bibi Tanga.

Le court entretien est fini, petite visite du studio, avec des objets assez rétro, 30's, 50's. A la vue du studio et des deux artistes, on comprend un peu mieux l'atmosphère de l'album.

Interview publiée sur Onlygroove.com

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Interview Brian Jackson version FR

dimanche 1 avril 2007

L'interview date de 2006, mais c'était un tel plaisir... Je me devais de la remettre ici, en français.



Brian Jackson est l'un des grands de la Soul : c'est ce pianiste/multi-instrumentiste qui a collaboré avec Gil Scott Heron sur les 10 premiers albums de celui-ci. Mais il a aussi collaboré avec d'autres comme Kool and the Gang, Roy Ayers... et a décidé de sortir son premier album solo en 2000. Aujourd'hui Brian Jackson fait une petite tournée européenne. Alors pour ceux qui ne le connaissent pas encore, voici une très bonne façon de le découvrir !

Mushroom-soul : Comment as-tu commencé la musique ? Qu'est-ce qui t'as donné envie d'en faire ? Quels sont les titres de ton enfance ?

Brian Jackson : Mes parents étaient de grands fans de jazz. Ma mère m'emmenait au récital de piano... Avant d'avoir cinq ans, j'ai demandé à ma mère si moi aussi je pouvais prendre des cours, elle a alors économisé pour m'acheter un piano, puis quand j'ai eu 7 ans, j'ai pris des leçons avec son professeur d'enfance. Le premier album que j'ai acheté - avec nos allocations- c'était 'Walkin' de Miles Davis. Puis plus tard, Stevie, Jimi, Otis, Sly, Al Green, Aretha, et plein d'autres encore... J'ai toujours eu envie de jouer de la musique, je ne sais pas pourquoi. Je suppose que c'est juste ce pour quoi je suis fait.

Tu as commencé ta carrière avec Gil Scott Heron, ensemble vous avez sorti vos 10 meilleurs albums. Comment et où vous êtes-vous rencontrés ? Quand avez-vous décidé de travailler ensemble ?

Nous nous sommes rencontrés à l'université de Lincoln, en Pennsylvanie. J'étais là-bas car je voulais aller dans la même école que Langston Hughes et Kwame Nkrumah. Plus tard, j'ai découvert que ces deux grands hommes étaient à l'origine de la présence de Gil dans cette école. Un pote d'université, Victor Brown (vous pouvez entendre son ténor dans plusieurs de nos album dont Midnight Band), avait organisé un concours de jeunes talents – il voulait quelque chose d'original – et m'a entendu dans la salle de musique... Il a tout de suite pensé que je devais rencontrer Gil, que lui connaissait pour lui avoir demandé d'ecrire une chanson pour lui. Je pense que Victor voulait que je joue du piano à la place de Gil. Lorsque j'ai écouté le son que Gil avait écrit pour Victor, j'ai eu le souffle coupé. Les paroles étaient exceptionnelles. J'ai immédiatement joué les accords en ajoutant ma touche personnelle. Après avoir joué celle-ci pour le concert, j'ai joué plusieurs chansons que j'avais écrites moi-même et Gil était très enthousiasmé. Il m'a dit “Rejoue encore”, et il a commencé à écrire quelque chose dans son bloc-notes. Ce fût le début de la chanson "A Toast To The People", qui figure dans l'album "From South Africa to South Carolina". Nous n'avions pas gagné le concours des jeunes talents mais nous étions vraiment ravis d'avoir joué. Nous avons continué ainsi pendant 10 années...

Peux-tu nous en dire plus sur ces 10 années de collaboration ?

Au début, nous n'envisagions pas d'être autre chose que des paroliers. Mais nous nous sommes vite rendu compte que personne ne voudrait chanter les thèmes que nous abordions... Et ceux qui parlaient de ce genre de choses dans leurs chansons, écrivaient en principe déjà eux-mêmes leurs textes... Donc nous n'avons pas eu d'autres choix que de jouer nos chansons nous-mêmes. Nous avons commencé à improviser, et par la suite nous avons fait plusieurs shows. Gil est Bélier et je suis Balance. Nous sommes opposés, comme le yin et le yang. Et dans cette opposition, nous avons trouvé un terrain d'entente. Nous étions des frères spirituels. Il y avait là un lien profond. Même après des années de séparation, si nous devions revenir sur scène, il y aurait encore de la magie. C'est indéniable. Chacun a fait ressortir ce qu'il y avait de meilleur chez l'autre.

Pourquoi avez-vous arrêté de travailler ensemble ?

Il y avait des gens qui pensaient que Gil serait mieux tout seul. Ils l'ont poussé à ça, et voulaient que ça arrive. Ca a dû se produire lorsque Gil commençait à se droguer un peu trop. Il y avait des choses qui se passaient, qu'en tant que partenaire, j'aurais dû savoir. Je pouvais voir par les actions de Gil, et par les actions des personnes qui nous entouraient, que j'étais vu comme quelqu'un de remplaçable. À ce moment, je me suis rendu compte que la seule manière de me faire remarquer était de partir. C'était l'une des décisions les plus dures que j'ai dû prendre.



Es-tu resté en contact avec lui ?

Gil a signé un second contrat avec Arista, sans me prévenir. A partir de là, il a rassemblé tout l'argent et les redevances etc. qu'on avait, et a prétendu ne pas savoir où je me trouvais. J'ai essayé de le contacter plusieurs fois au début des années 80, ce fût difficile mais j'ai réussi, et il m'a donné quelques dollars, sans même me parler. Tu ne sais pas à quel point je suis désolé et triste de dire ces choses là, mais ce n'est que la vérité. J'ai énormément travaillé durant une vingtaine d'années, et contrairement à ce que les gens pensent, ce n'était pas le cas de Gil. Je sais combien les gens aiment Gil. Je ne sais pas combien l'aimerons maintenant que j'ai dit ça. Cela ne me fait pas plaisir de révéler ça...


Qu'est-ce qui s'est passé entre cette séparation et la sortie de cet album solo en 2000, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour le sortir ?

J'ai travaillé avec Will Downing, Reggie Lucas, Bobbi Humphrey, Kool and the Gang, Roy Ayers, Phyllis Hyman et d'autres grands artistes. J'ai pu m'exprimer a travers d'autres collaborations et ce fût très satisfaisant. Mais le côté business de la musique m'a démoralisé. J'ai laissé tomber la musique en 1994. En 1998, plusieurs personnes m'ont convaincu de faire mon retour, et j'ai relancé un groupe. En 2000, j'ai sorti mon premier album solo 'Gotta Play'.

Beaucoup d'artistes vous samplent, comme De La Soul ou encore Mos Def. Te contactent-ils, ou te demandent-ils la permission avant de se servir de vos morceaux ?

Non, peu d'artistes m'ont contacté. Mais beaucoup d'entre eux ont contacté Gil. Je me demande même si ils réalisent que la musique qu'ils samplent est la musique que je jouais ?

Comment définirais-tu ta musique aujourd'hui ?

Et bien rien ne pourrait m'inciter à changer de style... car la musique la plus populaire aujourd'hui est basée sur ce que je suis, et que d'autres artistes de ma génération sont. J'estime qu'aujourd'hui je suis un meilleur musicien, que je suis plus ouvert. J'ai appris beaucoup de choses des autres musiciens et écrivains. Mais la musique que je fais m'est propre, les gens la reconnaissent. Je n'essaye pas de faire quelque chose de précis, c'est juste ce que je suis et ma personnalité qui se retranscrivent dans ma musique. Je ne pourrais pas faire autre chose même si j'essayais. Heureusement pour moi, les gens l'aiment encore !!!

Tu as une tournée en Europe... Peux-tu nous dire où tu joueras et avec qui ? Et pourquoi seulement maintenant ?

J'ai voyagé un peu partout et je voulais que les gens sachent que je suis encore vivant ! Je serai en Europe avec un groupe de musiciens fantastique, composé d'Eugene Chadbourne, Brian Ritchie et Victor DeLorenzo des Violent Femmes. Nous nous appelons G.o.i.n., qui signifie Get Out of Iraq Now. Nous serons à Paris pour le festival Banlieues Bleues le 28 mars, puis à Bruxelles, à Amsterdam, à Baarle-Nassau et à Milan. Après ça, je ferai plusieurs concert au Royaume Uni où je vais jouer avec Digable Planets et peut être que nous jouerons ensemble pour une petite tournée européenne durant l'été.

As-tu un album en préparation ? Si oui, peux-tu nous en dire plus ?

Je suis en train de travailler avec plusieurs vieux amis, Ron Carter, Mike Clark, Airto Moreira, Dj Logic et Kentyah Fraser. Nous travaillons sur un nouvel album qui devrait sortir en 2007. C'est un travail plein d'amour et de passion, et si tu connais quoi que ce soit de ces grands artistes, tu dois savoir à quoi t'attendre !!

Quel est ton dernier coup de coeur musical ? Que penses-tu de la musique actuelle ?

J'aime bien le nouvel album de Bilal, j'ai entendu quelques titres. Les gens qui jouent vraiment de la musique capturent mon attention. Je veux écouter de la musique jouée comme avant, je ne suis pas contre le sampling ni rien, mais nous ne devons pas ignorer et oublier la tradition. Nous avons besoin de savoir jouer de la musique sans électricité, juste au cas où

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Brian Jackson Interview

mardi 5 septembre 2006

Brian Jackson est l'un des grands de la Soul : c'est ce pianiste/multi-instrumentiste qui a collaboré avec Gil Scott Heron sur les 10 premiers albums de celui-ci. Mais il a aussi collaboré avec d'autres comme Kool and the Gang, Roy Ayers... et a décidé de sortir son premier album solo en 2000. Aujourd'hui Brian Jackson fait une petite tournée européenne. Alors pour ceux qui ne le connaissent pas encore, voici une très bonne façon de le découvrir !

French Vesrion on onlygroove.

English Version / 24 March 2006 :

How did you begin the music? What gave you desire for making some? And Which are the titles of your childhood?

My parents were big jazz fans. I used to sit in front of the family entertainment center and rock literally to Clifford Brown records, Miles Davis records. My mom used to take me to piano recitals that were put on by the lady who gave her piano lessons when she was a girl! By the time I was five, I started asking my mom if I could take lessons so that I could be in that recital too. She saved up and bought me a piano, and I was taking lessons from her childhood teacher by the time I was seven.

My first album was Walkin a Miles Davis album. I bought it with my allowance money.Later, I got into Stevie, Jimi, Otis, Sly Al Green, Aretha, and so many others.Ive always wanted to play music. I dont know why. I guess it was just what I am supposed to do.

You began your career with Gil Scott Heron, together you have carry out his ten better albums. How and where you are you met? When have decide to work together?

We met at Lincoln University, in Pennsylvania. I went there because I wanted to go to the school where Langston Hughes and Kwame Nkrumah went to school. Later I found out that those two great men having attended Lincoln also factored into Gils decision to go there.
A fellow student, Victor Brown (you can hear his high tenor on many of our early Midnight Band albums), was planning to perform in the university talent show, and had already enlisted Gil to write a song for him he wanted to do something original and heard me in the practice room and thought that I should meet Gil. I think Victors intention was to have me play piano instead of Gil. When I heard the song Gil had written for Victor, I was blown away! The lyrics were outstanding. I picked up the chords immediately, and put my touch to it. After we perfected that, I played a few songs that I had been working on, and Gil got very excited. He said, Play that again, and he began writing something in a book. It was the beginning of a song that we did on the album, Midnight Band: First Minute of a New Day. It was called, A Toast to the People.
Well, we didnt win the talent show. But we really enjoyed hanging out and writing music. We continued writing music for ten years.

Can you tell us these ten years of collaboration?

We saw ourselves as songwriters, primarily. But we were prepared for the reality that most popular entertainers would not want to sing about the subjects that we were interested in. And those who would want to do works like that usually wrote their own. So we were left no choice but to perform them ourselves. We started to improve, and soon we were getting paying gigs!
Gil is an Aries; I am a Libra. We are opposites, the yin and the yang; we had all bases covered. And in that opposition, we found common ground. We were brothers spiritually. There was a deep bond there. Even after years of estrangement, if we were to walk on to a stage together tonight, there would be magic. Its undeniable. We brought out the best in each other.

Why stopped working together?

There were those who believed that Gil would be much better on his own. They pushed for it, wanted it to happen. Maybe it was around the same time that Gil started doing drugs a little too much. There were things going on that, as a partner, I should have known about, should have had a say in. I could see by Gils actions, and by the actions of people around us, that I was being seen as expendable, possibly even a liability. At some point I realized that the only way to make my presence understood was to leave. It was one of the hardest decisions that Ive ever had to make.

You remained in contact with him?

Gil went on to sign a second deal with Arista without my knowledge. From that point on, he collected all of the monies, royalties, etc. and pretended that he didnt know where I was. I tried to reach out to him a couple of times in the early eighties; he had our accountant throw me a few dollars, but we didnt speak. You have no idea how sorry I am to have to say these things, but its the truth. I have been broke for twenty years, and, contrary to popular belief, Gil is not. vdI know how much people love Gil. I dont know how much theyll love what Im saying now. It gives me no joy to reveal it.

What it passed between this 'break' (if I then to say) and left your album solo in 2000? And why to have left an album solo so tardily?

I have done work with Will Downing, Reggie Lucas, Bobbi Humphrey, Kool and the Gang, Roy Ayers, Phyllis Hyman, and other great artists. I have been able to express myself musically through other artists and that has been satisfying. But the business side of music left me demoralized. I left music in 1994. In 1998 though, a few people close to me convinced me to get back into my music, and I put together a band. In 2000, I released my first solo CD, gotta play.

In France, in the USA I dont know, little already know Gil Scott Heron, but those liking the soul know him, and in these people there, little know you, one tends to say the albums of Gil Scott Heron and not GSH and Brian Jackson... Which feeling have you compared to this lack of recognition?

I dont know!!!! If you look at the album covers of the seventies, across the top, in big letters, they say, Gil Scott-Heron and Brian Jackson. The music business seems to always want to single out one person in a group of artists and say, this is the guy responsible for all this, when the truth is, so many more people are responsible for it than can even be named. I just have to keep making music. I cant worry about it.

Much of artist you sample, like De la Soul and Mos Def for example. Do they call you front, to warn you or thank you?

No, there are very few of those artists that I have ever heard from. Many of them have contacted Gil, though. I wonder if they realize that the music that they sample is the music that I played?

How would you define your music, today?

Well, theres not much incentive for me to change my style, as it seems that the most popular music today is based on what I, and other artists of my generation, have been doing. I feel that Im a better musician. Im more flexible. Ive learned a lot from other musicians and writers. But I have a sound that folks say they recognize. I dont try to make a sound, its just my personality coming through my music. I couldnt do anything different if I tried! Fortunately for me, people still like it!!!

You are in tour in Europe, where will you occurs a little everywhere play? With which? And why now?

Ive been traveling everywhere so that I can to let people know that Im still alive! Ill be in Europe with a fantastic group of progressive musicians consisting of Eugene Chadbourne (google this man!) and Brian Ritchie and Victor DeLorenzo of the Violent Femmes. We call ourselves G.O.I.N., which stands for Get Out of Iraq Now. Well be in Paris at Banlieues Bleues on 28 Mar., in Bruxelles, Amsterdam, Baarle-Nassau and Milano. After that, Ill be doing a couple of shows in the UK. Ive also been touring with Digable Planets, and there is talk of a possible small tour in Europe in the summer.

Do you have a new album in preparation? If so, can you tell us more about that ?

Ive been working with some old friends, bassist Ron Carter, drummer Mike Clark, percussionist Airto Moreira, DJ Logic, and Kentyah Fraser on an album that will most likely be released in 2007. It is a labor of love, and if you know anything about these musical giants, you know that what you will hear will blow you away!

Which are your last blow of heart musical? What do you think about the current music ?

I love Bilals new album. Ive been listening a lot to that. People who are playing live music catch my ear. I want to hear music done the old way. Im not against sampling and looping. But we cant let the traditions go. We need to know how to make music without electricity, just in case

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Stefan Filey

jeudi 2 février 2006



Avant tout, peux-tu raconter brièvement ton parcours ?

J'ai commencé le chant à l'église avec mon frère à l'âge de 6 ans. Je suis vraiment imprégné de la culture afro-américaine, à travers le gospel, le negro-spiritual. Par rapport à ça, j'ai essayé de me développer artistiquement avec mon frère, en créant le groupe Sweetness. On a commencé à faire des concerts qui ne rentraient que dans le cadre de l'église, puis des festivals. Après, on a suivi notre chemin, on a fait énormément de concerts, la première partie de Michael Jackson, les premières parties d'Obispo lors de sa tournée française. Mais malheureusement au niveau discographique ça n'a pas suivi, les maisons de disques ne comprenaient pas vraiment nos attentes. Mais on a pu s'accomplir en tant qu'artistes en faisant beaucoup de scène.

Mais pourquoi vous êtes vous séparés ?

Comme vous le savez, un groupe ça a une durée de vie limitée. Chaque personne a envie de se connaître artistiquement, on a donc décidé d'arrêter. Piero Battery qui a créé sa structure et sort les compilations Gospel Act. Mon frère sort bientôt son album. Et moi j'ai suivi mon chemin.

Lorsque vous vous êtes séparés, vous saviez déjà ce que vous vouliez faire ?

Non pas du tout, on était un peu en saturation. Moi, je suis parti de zéro pour faire cet album en 2002, Soul Influence. Je pensais vraiment pas à un projet solo. Et quand le groupe a arrêté j'ai décidé de faire des morceaux, de me lâcher et de sortir cet album.

Ce fut difficile de sortir l'album ? On a voulu t'imposer un style, te formater ?

Pas du tout, j'ai rencontré Voix Publik, qui a produit Kayna Samet entre autre et Matt à l'époque. Et j'ai vraiment eu libre cours au niveau de la créativité, au niveau de mes aspirations et par rapport à ça j'ai vraiment lâché. Il y a un côté naturel dans cet album. J'ai pas du tout pensé au formatage radio.

Et tu n'avais pas peur de sortir l'album ? Que ça ne marche pas ?

L'album est sorti seulement dans l'optique de me faire connaître, de faire du live, de faire un petit peu de buzz. C'était un album sans prétention. On parle beaucoup de nu soul en France, mais avant il faut faire de la soul. Il faut connaître les bases. Les américains sont déjà à ce stade là, en France on est un peu en retard. Pour moi c'était le passage obligé, de faire les choses comme ça, de rendre hommage à l'héritage. Et si j'étais allé à la nu soul directement j'aurais manqué une étape. Et il y a beaucoup de gens qui voient le résultat et qui manquent l'essentiel, l'héritage, la profondeur et ça passe par connaître cette tradition. C'est pour ça que cet album est un peu old school. Et il n'y a aucune programmation, tout est joué au live.

Tu prépares un nouvel album ?

Oui, je prépare un nouvel album. J'ai fait plusieurs morceaux, où je produis. Je suis instrumentiste pianiste, donc je produis les morceaux moi même. J'en fais un maximum et j'irai démarcher quand je me sentirai prêt.

Tu as bientôt fini ?

On va dire que j'ai les trois quart des morceaux. Mais au niveau de démarchage j'ai pas trop forcé auprès des maisons de disque. Je préfère faire les choses de manière naturelle et après on verra. J'ai des connexions à l'étranger, pour l'instant je suis plus focalisé sur cette connexion et c'est peut être pour ça que je calcule pas trop ici.

Il y avait une rumeur à un moment sur le forum, sur tes collaborations à l'étranger, comme quoi tu étais en contact avec Kanye West, c'est vrai ?

C'est vrai que je suis en connexion avec des américains, mais je peux pas vraiment en dire plus pour le moment (rire).

Tu prévois des collaborations pour ton album ?

Pour l'instant je sais pas. Vu que je fais seul cet album, j'ai pas trop pensé à ça pour l'instant.

Dans les morceaux que tu as fait, y a-t-il un changement par rapport au premier album ?

Oui, au niveau de l'instrumentation c'est proche, mais c'est au niveau de l'approche rythmique. Les métriques et les rythmiques sont plus proches du Hip hop, ce qui fait que c'est un peu plus moderne. Mais pour moi ça reste de la soul, en français bien sûr.

Sur la maquette il y a une reprise de Téléphone, "Un autre monde". Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Le reproche que je fais au mouvement nu soul, c'est que c'est trop axé sur le style et parfois ça manque de composition, de chanson, de mélodies. Je voulais faire un exercice de style avec une chanson française, à savoir "Un autre monde", la faire à la sauce hip hop / soul. Je trouvais que c'était un bon exercice, montrer qu'une belle chanson reste une belle chanson, je trouve que c'est une belle chanson au niveau mélodique, il y a beaucoup d'espace. Elle me fait vraiment penser à la musique anglo-saxonne. Et vu que moi, je ne suis pas vraiment chanson française, quand je dis ça c'est que je me sens plus proche de la musique afro-américaine ou anglo-saxonne. Je trouvais que c'était la chanson la plus adaptée pour lui donner un style soul.

Tu parles beaucoup de musique afro-américaine, c'est tes parents qui t'ont initié à ce style ?

Mes parents, mes cousins et les membres de ma famille m'ont fait découvrir ce style. Après, c'est de la recherche personnelle. De la même manière j'ai appris le piano en autodidacte, et c'était aussi de la recherche personnelle. J'avais vraiment envie d'avancer, alors j'ai étudié. C'est un plaisir de travailler aussi bien des mélodies, des phrasés... Ce sont des choses qui me passionnent. Il faut vraiment toute une vie pour se sentir épanoui.

Quels sont les artistes qui t'ont le plus influencé ?

Je dirais que toute la soul, tout ce qui se faisait chez Motown, chez Stax. J'ai écouté beaucoup de chanteurs mais j'écoute beaucoup d'instrumentistes.

ll n'y en a pas un qui ressort plus que les autres ?

Je suis un fan de Marvin Gaye. J'écoute autant de saxophonistes comme Coltrane, de trompettistes comme Miles Davis, que de chanteurs. Mais je suis pas un pro chanteurs. Je trouve toute l'inspiration dans la soul, la période Blue Note, des années 50 aussi, pour trouver mon propre style.

Quel est ton approche par rapport au téléchargement ?

Je pense que les maisons de disques ont été un peu prises de court par rapport à ce genre de format. Moi je ne parlerai pas de crise mais plutôt de révolution, où il faut savoir s'adapter. Les maisons de disques s'en mettent toujours plein les poches. Ce ne sont pas les artistes qui sont spécialement touchés, et les maisons de disques ne perdent rien non plus. C'est un bon moyen pour les artistes ''underground'' de se faire connaître. Il faudrait que les droits d'auteurs soient bien redistribués mais je pense que c'est une bonne chose.

Tu as fait les premières parties de Bilal et Angie Stone, es-tu encore en contact avec eux, ça a changé quelque chose ou non ?

Non, pas du tout. J'étais en connexion avec les musiciens et on s'est perdu un petit peu de vue. Je suis un grand fan du pianiste qui accompagnait Bilal et qui a sorti son album chez Blue Note. C'est un registre plus Jazz. J'ai plus travaillé pour Kanya Samet l'année dernière, et après je me suis mis au travail pour mon projet donc ça n'a pas suivi au niveau des contacts avec eux. La connexion avec les américains s'est faite ici suite à un concert que j'ai fait à l'Opus Café, piano/voix. ( I Need Soul ).



Comment vois-tu l'avenir de la soul française. Y a-t-il vraiment un avenir, pour toi ?

Je pense que l'avenir sera toujours aussi difficile.

Tu ne penses pas que le public va s'élargir ?

Je pense que la nouvelle génération commence à être éduquée. On a plus accès à tout, clips, radio etc. Mais paradoxalement le fait d'avoir un accès plus facile, fait qu'on étudie moins, on prend ce qu'il y a et on digère pas vraiment. Alors qu'avant, je parle en tant qu'ancien, on n'avait pas accès à tout et ça nous poussait à aller chercher plus loin, à la base. Aujourd'hui il y a trop de diversité. Par exemple, le soir j'ai le choix entre quatre-vingt films, en fait je ne regarde rien. La soul française doit se construire, il ne faut pas qu'elle brûle les étapes. Et pour le moment des soulmen, vraiment il n'y en a pas.

Tu es quoi alors ?

Je me considère comme soulman mais j'ai la trentaine. Mais quelqu'un qui a la prétention de faire de la soul à vingt ans, en France, ça n'existe pas.

Ils font quoi alors ?

Ils font autre chose, du RnB... Mais pas de la soul, ils font quelque chose qui est emprunté à la soul. Moi à l'âge que j'ai, je pense que j'arrive à maturité depuis un ou deux ans. Ca fait vingt ans que j'étudie cette musique, et je pense, sans prétention aucune, à arriver à maturation. Donc ça m'étonnerait qu'il y ait quelqu'un de vingt ans qui fasse de la soul. Aux Etats-Unis, il n'y a pas de problème, ils vivent dedans, ce sont les inventeurs. Ils écoutent la radio, il n'y a que ça, ils vont à l'église qui empreinte de blues. Toutes leurs musiques sont empreintées au blues, donc celui qui se met au piano à l'âge de huit/neuf ans, arrive à maturité à l'âge de quinze/vingt ans. A vingt-cinq ans il connaît déjà tout de cette musique. Mais en France, je suis sceptique, et je trouve que le terme soul est mal employé, c'est un fourre tout. Je suis d'accord qu'on empreinte à cette musique mais c'est pas de la soul.
Je vais prendre l'exemple de quelqu'un qui vend des disques: Corneille. On dit que c'est de la soul. Pour moi c'est de la variété. Il n'y a rien de péjoratif, il y a de la bonne variété. On va dire que ce qui marche c'est de la variété.

Et dans la petite scène. Tu sais, les débutants comme Rony par exemple. Il n'y en a pas un qui t'impressionne plus que d'autres ?

Je trouve que Rony est bon. Il a emprunté à la soul urbaine, mais je trouve qu'il amène quelque chose en plus. J'ai écouté deux trois titres de lui et il a compris ce que les autres n'ont pas compris. Je ne sais pas ce que c'est, mais musicalement il a apporté un truc, et tous les autres n'ont pas capté.

C'est peut être la touche électro qui fait qu'il est différent des autres ?

La touche électro, et je trouve que musicalement il y a un côté "simple". C'est pas claquant. Il y a un côté très urbain, c'est difficile de définir sa musique, mais en tout cas j'ai énormément apprécié.

Et il y en a d'autres ?

Mon frère Eric qui sort bientot son album. Jacques Daoud qui est dans un registre plus funk. Dans un registre plus "chanson", il y a l'album de Gérald Toto, qui va sortir bientôt. Tedjee j'aime bien aussi. Mais tous les artistes que je vous ai cité ne sont pas encore surmédiatisés.
Par contre, je n'adhère pas du tout aux chansons à texte. La musique est un prétexte. Elle est placée au second plan. Car rythmiquement il n'y a rien du tout, ça ne bouge pas, ça chante faux. Tous les médias se sont accaparés, "ouais tout le renouveau de la chanson française". Mais je pense qu'il y a des gens de notre génération, des gens issus de l'immigration... qui ne se reconnaissent pas là-dedans. Il y a beaucoup de gens qui ne se reconnaissent pas là-dedans et ils nous bassinent avec leur "chanson française".

Il en faut pour tout le monde.

Oui, mais là c'est vraiment la "prédominance" de ce style. La France c'est le pays de l'art mais vraiment pas celui de la musique. Aux Etats-Unis, comme je disais, ils écoutent la radio, il regardent la télé, il n'y a que ça. Il y a aussi des programmes d'aide de bourse par rapport à la musique, si tu joues bien, si tu t'investis dans la musique, si tu joues d'un instrument dans ton école, tu as une bourse, comme pour le sport. C'est pour ça qu'il y a autant de bons musiciens. En France, on fait une heure de musique par semaine, de la flûte... La culture musicale française est vraiment maigre.

Tu n'as jamais pensé faire ta carrière aux Etats-Unis ?

Non, c'est clair que j'ai toujours eu les yeux rivés sur les Etats-Unis, mais je me sens tout de même français, d'origine antillaise. Ma langue natale c'est le français. Mais aujourd'hui, des gens comme moi, au niveau de la représentation médiatique, c'est inexistant. Le mouvement soul en France, c'est un mouvement parisien. Mais moi si ça devait rester comme ça, ça me serait égal, l'essentiel c'est de pouvoir s'exprimer, d'arriver à son projet, au plan artistique. Et si les média suivent, c'est la cerise sur le gâteau.
Mais pour refaire l'éducation musicale des Français, il faudrait des siècles. Il faudrait déjà changer les animateurs de radio et de télévision. Et de plus, les gens qui sont à la tête des maisons de disques ne connaissent rien. Ce sont des business men avant d'être des musiciens. Regarde, tu va leur dire "Curtis Mayfield", ils vont te dire "c'est qui ?". Moi, ça me fait rigoler quand j'entend, "ouais chante à la Pharell". Alors qu'il a calqué son style sur "Curtis Mayfield". Bien que les maisons de disques sont sensées avoir un palette musicale, il vont te dire "à la Pharell". Donc pour que ça change, il faudrait déjà virer tous ceux qui sont à la tête des maisons de disques, et qui ne connaissent rien et les remplacer par des musiciens. Et à partir de là, il y aurait un changement. Mais dans trente ans on fera encore des petits concerts underground sur Paris.

Tu n'as pas envie de te mettre encore plus en avant, pour avoir une plus grande reconnaissance, ou ça ne compte pas pour toi tant que tu fais ce que tu aimes ?

Du moment que je fais ce que j'aime, le reste m'importe peu. Moi ce que je veux, c'est rester le même et faire exister la musique. Je laisse les choses se faire naturellement, je préfère passer mon temps à étudier la musique, que de courir après les maisons de disques ou observer les ventes. Je me sens vraiment artiste avant tout. Ce que je veux c'est partager la musique. J'ai la chance d'être musicien, donc je fais des séances de clavier pour des artistes, des arrangement vocaux aussi, comme pour Kanya.

Comment procèdes-tu pour écrire ou faire tes instrus ?

Tout part du piano, j'essaye de trouver un riff en fonction des accords que j'ai travaillé. Et petit à petit je façonne. Une fois la mélodie finie je pense à l'aspect rythmique. Et, enfin, j'écris le texte. Chacun sa méthode mais je pense que celle-ci est la mieux appropriée.

Tu as des scènes de prévues ?

Pas pour le moment. Je travaille vraiment pour mon projet et à côté de ça, j'ai monté un collectif Soulvivor, on est trois. Il y a JC le guitariste et Patson. On fait des compositions pour divers artistes. Et on sera prêt d'ici février, on aura de quoi faire écouter. C'est aussi un aspect que j'aime beaucoup, travailler pour les autres, me mettre au service des autres, c'est un peu mon côté ''éducateur''. Je ne suis pas éducateur, mais j'ai donné beaucoup de cours, notamment à des enfants. J'aime me montrer comme tout artiste, mais je peux aussi faire des concessions, être en contact avec d'autres artistes et me mettre à leur service.

Vous vous connaissez depuis longtemps ?


JC c'est le guitariste qui a joué sur mon album, et Paston a monté son studio il n'y a pas longtemps et on s'est rencontré. On s'entend bien donc on a décidé de monter ce collectif.

Et, quels sont les artistes pour qui vous travaillez ?

C'est pour tout artiste passionné de soul qui cherche des compos

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