B1BC Mushroom soul: Le vautour

Le vautour

mercredi 6 septembre 2006


Je me devais de parler de ce livre, un livre qui m'a beaucoup apporté, tant par la curiosité qu'a suscité en moi ce roman, que par le pur divertissement. J'ai découvert ce livre dans une librairie, je cherchais une lecture facile et distrayante, et j'ai vu cette photo en Noir et Blanc - un jeune Noir allongé raide mort sur le trottoir et des curieux regardant ce cadavre impassiblement, décor 60's - qui m'a tout de suite intriguée, le résumé encore plus, je ne connaissais pas encore ce Gil Scott Heron. J'ai lu - en une année tout de même - une fois fini j'en voulais encore plus. Son écriture simple mais réaliste m'a tout de suite touché, puis j'ai découvert le musicien, le poète, l'homme... J'admire cet artiste, comme beaucoup, j'admire son courage, son discour, son indocilité. Voici mon résumé de ce seul livre traduit en français.

John Lee, un jeune dealer de 18 ans trouve la mort un 12 juillet 1969, c'est par cette triste fin que commence l'histoire.
Quatre chapitres, quatre protagonistes, quatre points de vue, quatre destins tous jonchés d'espoir et surtout de souffrance; pour nous faire decouvrir le coupable.
Spade est un ganster froid et rêveur; Junior Jones un jeune dealer qui joue les dures et voue une admiration envers Spade; ensuite Frère Tommy Hall, un membre de BAMBU ( Black Americain Men for Black Unity ) qui veut non seulement émanciper ses frères en leur enseignant la culture du peuple noir mais aussi purifier le ghetto de la drogue et ses dealers; et enfin QI ( Ivan Quinn ) un intellectuel qui passe ses journées à planer avec ses amis et ses soirées, avec une jeune femme Blanche. C'est un grand temoignage que nous livre Gil Scott Heron sur la fin des années 60 aux USA, entre violence et aspiration.

Pour aborder les divers langages de ce monde où la violence règne, Scott-Heron choisit une écriture brutale, incisive, touchante et très dialoguée. Entre enquête et littérature, réalisme et fiction noire ce polar se lit et se déguste facilement. Nous sommes tout de suite emportés par ces personnages intransigeants et par l'ironie frappante de l'auteur. Malgrè cette virulence Gil Scott-Heron n'oublie pas de se livrer à quelques vers des plus mystérieux, brutaux et somptueux :

"Je suis la Mort" , s'écriait le vautour. "Pour le peuple de la lumière."

Charon ramena sa barque de la mer qui roule
sur les âmes,
Et vit le charognard qui s'en allait, emportant
des coeurs encore chauds vers la froidure.
Il savait que le ghetto était un havre pour la
créature la plus vile qu'on ait jamais connue.

Dans les terres sauvages du chagrin et le désert
du désespoir,
Le mal souffle dans le clairon de justice qui
lance un cri strident de terreur nue.
Arrachant le nourrisson à sa mère, semant une
douleur à nulle autre semblable.

Alors, si tu vois le vautour, si tu le vois
décrire des cercles dans ta tête.
Souviens-toi que toute fuite est impossible, car
il restera toujours derrière toi, tout près.
Promets-moi seulement de livrer bataille ;
bataille pour ton âme et pour la mienne.



Dans la spirale infernale des ballets entre bandes rivales, la détresse des junkies; la jeunesse imprudente des dealers de la mort et la folie aussi stupide soit-elle qui conduit au réglement de comptes, ainsi qu'à la trahison, nous sommes emportés du début à la fin.

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1 Comments:

At 10:31 PM, Anonymous Anonyme said...

Un grand roman noir, a placé au même niveau que ceux de James Ellroy et de Nick Tosches

 

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